(FR – GB) Le blog de la famille Popineau

           drapeau_francais                                 Bonjour,

Ce blog est consacré à la généalogie des familles de Joseph POPINEAU, de Lucie CHABAUD, de Pascal TISSANIE et de Marie CHAUME, ascendants respectifs de Georges POPINEAU (1910-1977) et de Georgette TISSANIE (1906 – 2002), son épouse. Il se complète au fur et à mesure qu’aboutissent les recherches généalogiques menées par leurs descendants.

Vous pouvez y collaborer en me laissant un commentaire, une rectification, un article ou tous les documents (photos, par exemple) se rapportant à cette généalogie. Je me ferai un plaisir de les faire figurer. Pour cela, vous pouvez me contacter à mon adresse internet : jeanlouis.popineau@orange.fr

Pour vous orienter plus facilement sur le blog :

– afficher « branche ..…. » dans la fenêtre baptisée « catégories » (en haut à droite de cette page). Vous pourrez accéder aux différentes branches publiées qui correspondent à l’ascendance de l’auteur. Aujourd’hui, seules les branches Popineau, Chaume et Tissanié y figurent. La dernière (Chabaud) suivra rapidement.

– Chaque branche comporte une liste récapitulative des aïeux qui la composent et pour chacun d’eux a été établie séparément une notice biographique qui regroupe les données connues et vérifiées.

Vous pouvez accéder aux divers articles se rapportant de près ou de loin à ces aïeux, à leur environnement, à leur histoire et à celle de leurs familles, etc. Il vous faut afficher la rubrique « au sujet de » dans la fenêtre. C’est ce que j’appelle la « petite histoire ».

Enfin, si vous souhaitez avoir une vue complète et synthétique de l’arbre généalogique, rendez vous sur:

http://gw.geneanet.org/popineau51_w?lang=fr;pz=jean+louis;nz=popineau;ocz=0;p=jean+louis;n=popineau;type=tree

Vous pouvez aussi vous abonner à ce blog et être prévenu de la parution de tout nouvel article en indiquant votre adresse internet en bas de cette page, dans la rubrique « souscrivez au blog ».

Sur ce, « bonne rencontre avec nos aïeux ! »

  • « Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir.»   Mal FOCH

_______________________________________________________________drapeau anglais  Trad. by Véronique Popineau.

Hello,

This blog is dedicated to the genealogy of the families of Joseph Popineau, Lucie Chabaud, Pascal Tissanié and Marie Chaume, respective ancestors of Georges POPINEAU (1910-1977) and Georgette TISSANIE (1906 – 2002), his wife. It will be fulfilled as and when genealogical researches – by their own descendants – come to a successful conclusion.

Do you know Jesse, Pete and Jake Popineau? They are (or were) Popineaus! But they live(d) in the United States and some of them are our « distant » cousins, distant by the nature of family ties as much as by distance. What twists and turns brought them there? To explain briefly, we’ll go back to our forebear Gilbert whose some descendants became Americans after many adventures… Finally, they are American but they could have been German!

You can participate by leaving me a comment, correction, article, or all documents (photos, for example) relating to this genealogy. I would be happy to include them. You can send me such documents at my web address:  jeanlouis.popineau@orange.fr

To help you to move more easily on the blog:

  •  In the dropdown menu « catégories » – top right of this page -, select “branche…”: you will reach the vØarious published branches of the author’s ancestry.
    Each branch has a checklist of its ancestors. And for each, a biographical sketch – with known and verified data – has been separately established.
  • In the same dropdown menu « catégories », select “au sujet de” and you will access the various articles about these near or far ancestors, their environment, their history and those of theirs families, etc. This is what I call the « little history ».

Finally, if you want a complete and synthetic view of the family tree, visit:
http://gw.geneanet.org/popineau51_w?lang=fr;pz=jean+louis;nz=popineau;ocz=0;p=jean+louis;n=popineau;type=tree

You can also subscribe to this blog and be notified whenever a new article is published: simply indicate your e-mail address at the bottom of this page, under the heading “souscrivez au blog”.

With this, “good meeting with our ancestors!”

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Pierre Tissanié (1855-1906) alias Valmont Pasquet …

Une longue période reste mystérieuse dans l’existence de notre aïeul Pierre Tissanié (1855-1906). En effet, on perd sa trace durant une douzaine d’années entre 1872 jusqu’à son installation définitive à Vidalot vers 1885. Cela ne devrait pas être exceptionnel car la période correspondait  à son entrée dans la vie d’adulte qui est habituellement marquée par les contraintes liées à la vie professionnelle, au service militaire, au départ du domicile paternel, au mariage qui étaient l’occasion de changer de lieu d’habitation …  On peut aussi y ajouter les effets, à cette époque, du vaste mouvement d’émigration de la population rurale vers les villes entraînant un brassage de population propre à la coupure des liens familiaux traditionnels. 

Mais Pierre Tissanié allait compliquer nos recherches  (et sûrement celles de certains de ses contemporains !) en quittant son village et en  “changeant de nom » pendant plusieurs années. Quelle est la raison de cet éloignement sous une “identité d’emprunt ? D’autant plus que le subterfuge ne semble pas d’une rigueur absolue ! Pour moi, la question est encore sans réponse.

Après avoir longtemps cherché sa trace, c’est finalement le hasard qui m’a remis sur sa trace (1). Je vous livre donc sous forme chronologique les éléments en ma possession et qui concernent “Pierre Tissanié alias Valmont Pasquet” . Je vous laisse le loisir de les interpréter … et si le coeur vous en dit, vous pouvez toujours nous faire part du résultat de vos réflexions ou de vos recherches (2).

°     °     °

4 mars 1855 : naissance de Pierre Tissanié fils de Pascal Tissanié et de Marie Chaume à Vidalot dans la commune de Port-Sainte-Marie (Lot et Garonne).

en 1856   :  le petit Pierre a quelques mois et vit chez ses parents selon le recensement quinquennal de population.   

en 1861 :  sur le recensement de cette année-là  apparaît une première “bizarrerie”. La famille continue bien à porter le nom de Tissanié mais le père y figure sous le prénom de Jean (au lieu de Pascal), la mère s’appelle  Anne (au lieu de Marie), le  fils Michel s’appelle Jean et enfin “notre Pierre” porte le prénom de “Valmont” ! Seule la fille aînée continue à s’appeler Anne.

en 1866  :  le seul enfant recensé chez le couple Tissanié de Vidalot figure sous l’appellation de Valmont Tissanié. Il a 11 ans.

en 1872   :  toujours selon le recensement de population, un seul garçon de 17 ans vit à Vidalot dans la famille de Pascal Tissanié et Marie Mallié. Il y figure sous le  prénom de Valmont.

en 1875   :   Pierre alias Valmont a 20 ans; C’est l’année de l’inscription sur les listes de recensement de la classe d’âge née en 1855 en vue du  tirage au sort pour le service militaire. Or Pierre ne figure sur aucune des listes départementales que ce soit à Agen ou Marmande.

en 1876    :  il n’y a plus de trace de Pierre ou Valmont Tissanié sur le recensement de Port-Sainte-Marie comme dans les communes environnantes. Sa mère vit seule à Vidalot après le décès du père de famille, Pascal Tissanié. Aucun des enfants du couple ne vit avec elle.  

1er août 1880   :  ce jour-là a lieu le mariage de “Pierre Tissanié” avec Marie (Chaume) à la mairie de Port-Sainte-Marie. Sur l’acte d’état-civil, son identité, sa filiation et son âge sont exacts. Plus question de « Valmont ». Il y est aussi précisé son activité de cultivateur et son domicile de Vidalot, chez sa mère !

en 1881   :   Pierre Tissanié ne figure pas sur le recensement de Port-Sainte-Marie. Mais on trouve sur celui de Buzet sur Baïse  un dénommé « Valmont Pasquet », filassier, habitant le lieu-dit Montalivet en compagnie d’une Marie Chaume (3). Leurs âges respectifs (26 et 21 ans) et leurs lieux de naissance (Port-Sainte-Marie et Barbaste) correspondent à ceux de Pierre Tissanié et Marie (Chaume).

10 février 1882  :   Ce même Valmont Pasquet déclare la naissance de sa fille Maria Pasquet à la mairie de Buzet sur Baïse.

24 juillet 1885    :   à Port-Sainte-Marie, il est déclaré la naissance d’une Marie-Jeanne Tissanié par le nommé “Pasquet Tissanié” cultivateur de l’endroit.

en 1886    :  sur les recensements,  on ne trouve pas de trace de Pierre ou de Valmont (appelez-le comme vous voulez !) ni à Port-Sainte-Marie ni à Buzet.

16 février 1891  :    Pierre Tissanié déclare la naissance de son fils Louis à la mairie du Port-sainte-Marie. La famille réside  à Vidalot.  Sur le recensement de population de la même année, Pierre figure sous le prénom de Valmont, sa fille aînée Maria Pasquet est nommée “Laurence Tissanié” et sa soeur Marie-Jeanne est prénommée “Zélie” (attention au piège !)

26 novembre 1893    :  déclaration de naissance à Port-Sainte-Marie de Jeanne Tissanié par Pierre Tissanié domicilié à Vidalot. (elle aussi sera plus tard connue sous le prénom de Zélie ! )

10 avril 1902   :   Pierre assiste au mariage de sa première fille à Port-Sainte-Marie (souvenez-vous : celle qui s’appelle Maria Pasquet). Et comment croyez-vous que se fait appeler son père ? “Valmy Pasquet”, of course ! Pour ne pas embrouiller l’état-civil, sûrement !

20 décembre 1906   :   déclaration de décès de Pierre Tissanié à Port-Sainte-Marie.

°    °    °

Alors pourquoi ces changements de résidence et d’identité ? J’ai mon idée que je vous livre sans pouvoir évidemment l’étayer. En 1872 fut votée la nouvelle loi sur la conscription au lendemain de la défaite de 1870. Elle instituait un service militaire de 5 ans (oui, cinq ans !) pour les plus malchanceux du tirage au sort. Les autres ne faisaient qu’un service de un an. Et ce serait  pour échapper à cette perspective que Pierre se serait éclipsé sous une fausse identité.

Mais cette hypothèse paraît douteuse à certains. En effet, la distance qui le séparait de son domicile d’origine était le plus souvent limitée. Ensuite,  Pierre revenu à Port-Sainte-Marie, en particulier pour se marier sous sa véritable identité. Dans ce cas, il est donc difficile d’envisager qu’il ait voulu « couper les ponts » ou qu’il ait fait l’objet d’une recherche par la maréchaussée et l’autorité publique ! (4)

Enfin pour terminer, on remarque aussi que sa famille paternelle  pratiquait le changement de prénom : au recensement de 1861 comme sur son acte de décès en 1873, le propre père de Pierre figure  non pas sous son prénom de Pascal mais sous celui de « Jean » époux de « Anne » Mallié !  Pourquoi ?

La question reste posée.

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  1. merci à Marie Widart (hadrien47) qui  recense les familles des victimes de la Grande Guerre  dans le  Lot-et-Garonne et dont les recherches m’ont fait découvrir  ce “Valmont Pasquet”.
  2. ce sera avec plaisir et curiosité qu’on prendra connaissance de vos découvertes ou de vos observations dans la mise à jour de cet article !
  3. Buzet-sur-Baïse est situé à une dizaine de kms de Port Sainte-Marie, sur l’autre rive de la Garonne.
  4. Remarquons aussi la « légèreté » des services officiels de l’état-civil qui ne furent pas très exigeants dans la justification de son identité. A moins qu’une certaine « compréhension » de ces services  pour ne pas dire « complicité » . . .
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Une année particulière ….

. à LUCAY – le- LIBRE (Indre) en 1826 ….

 

(AD 36 - NMD 1813-1832 - vue 200)

(AD 36 – NMD 1813-1832 – vue 200)

 

Les naissances de 1826 : quatorze garçons et deux (malheureuses) filles.

Et on s’étonne que nos villages  soient dépeuplés!

 

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Antoine Tissanié et Jacques Simard, sonneurs de cloches ….

« le silence absolu des cloches avait jeté trop d’effroi et trop déconcerté les habitudes de toute la contrée accoutumée à les entendre retentir ».                                                     E. Veuclin

°  °  °

L’église de Saint-Médard (L. et G.)

        En remontant notre arbre généalogique sur neuf ou dix générations parmi les ascendants de Georgette Tissanié  nous rencontrons le nommé Jacques Simard, un habitant la paroisse de Saint-Médard dans le pays agenais (1). Il avait la particularité d’être le  « campanié » de son village  entre 1690 et 1710. Autrement dit,  il était le sonneur de cloches attitré de l’église.                                                                                                                     Quelques décennies plus tard et non loin de là, Antoine Tissanié du hameau de Vidalot et deux de ses fils ont aussi tiré sur les cordes dans deux églises de leur paroisse de Mazères, près de Port-Sainte-Marie. C’était entre 1778 et 1783. Mais contrairement au cas précédent, aucun d’eux ne fut sonneur attitré car dans leur paroisse le service des cloches n’était pas l’apanage d’un seul sonneur; c’était une charge répartie sur toute la communauté villageoise (2).                                                                                                                                                                                                                                                                                    °    °    °                                                  

         Bien entendu,  ni  Jacques Simard ni Antoine Tissanié n’ont laissé de témoignages écrits et leur souvenir s’est estompé depuis longtemps.  Seuls  les registres de leur paroisse rappellent encore leur existence.  On apprend ainsi  leur présence fréquente aux diverses cérémonies religieuses villageoises : ils y sont souvent cités comme témoins et il y est parfois fait référence à leur fonction de « sonneur de cloches ». Donc faute d’archives à leur sujet, celles qui traitent de leurs homologues des autres paroisses permettent de mieux connaître le rôle « essentiel » du sonneur dans le monde rural du XVIII° siècle .

        A vrai dire, dans la paroisse de Saint-Médard comme dans beaucoup de petits villages, la fonction de sonneur se cumulait avec une ou plusieurs autres; souvent  le sonneur faisait office de sacristain/sonneur. Alors, non content d’assurer le service des cloches, il participait au fonctionnement régulier de la paroisse, depuis l’entretien et la garde de l’église comme du clocher jusqu’à la préparation et le service des différents offices.  Cette manipulation des différents objets du culte (missel, vases sacrés,…) n’était pas anodine pour le prestige personnel du sacristain ! Il pouvait aussi être désigné comme  chantre de la paroisse s’il possédait quelques aptitudes au chant et quelques connaissances : Il est peu probable que Jacques Simard et Antoine Tissanié les possédaient (bien que le premier cité sache signer) .  Bref, le sacristain/sonneur se posait au mieux comme l’auxiliaire indispensable et l’homme de confiance du curé. Sinon, il n’assumait que la fonction de sonneur comme à Mazères ; cela lui permettait de continuer à pratiquer son métier et lui assurait un complément de ressources appréciable .

© Catherine BONHOMME (clochers.org)

L’église de Mazères (L & G) © Catherine BONHOMME (clochers.org)

           De par ses activités, le sonneur s’exposait au jugement critique de ses concitoyens : on évaluait la qualité de ses services, la ponctualité des sonneries, leur « qualité technique et artistique », sa discrétion, le montant de ses tarifs …. sa tempérance aussi. En général, ses services lui valaient l’estime et la reconnaissance de ses concitoyens. Ils avaient ainsi régulièrement l’occasion de lui prouver leur satisfaction au moyen des rétributions ou gratifications qui assuraient de façon plus ou moins importantes ses moyens d’existence, surtout lorsqu’il cumulait plusieurs fonctions.                                         .                                                                                                                                   Sous l’Ancien Régime, le sonneur était choisi et recruté par le curé (les candidats étaient généralement nombreux ). Il était rétribué selon les usages locaux : soit par la communauté villageoise toute entière au moyen de quêtes annuelles dans chaque foyer, soit par une taxation en nature (blé, maïs, vin …)   soit encore selon un « tarif des prestations » en fonction de la cérémonie et des moyens utilisés (de la grosse cloche sonnant à la volée à la petite cloche tintée, selon le nombre de cierges allumés, etc ). Alors, selon que vous étiez puissant ou misérable….(vous connaissez la suite !),  votre mariage ou vos funérailles n’avaient pas le même volume sonore et frappaient plus ou moins les esprits et les oreilles …  Question de tarif  ! 

°    °    °

             Bon ! vous pouvez me dire que ce n’est pas fracassant comme découverte !         Pourtant, j’aimerais compléter cet aperçu succinct de l’activité des sonneurs de Saint-Médard ou de Mazères par le rappel de ce qu’était l’environnement sonore des habitants dans les campagnes à cette époque. Et pas seulement dans le pays agenais !

           Ainsi, pensons aux habitants de nos deux villages qui ne rassemblaient guère plus de trois ou quatre centaines d’habitants chacun. Qu’entendaient-ils au long des jours et des semaines ?  Rien … ou presque !  Car ces temps ignoraient le bruit et en particulier celui des machines de toutes sortes. Dans la région, l’activité principale était consacrée aux soins des cultures agricoles, occupation réputée calme et peu bruyante ! Rien ou peu de choses ne troublait donc le silence habituel  du village ou du hameau : ni forge  ni route avec les passages d’attelages grinçants ou brinquebalants ! Seuls les cliquetis des métiers à tisser… et les sonneries répétées des cloches durant la journée !  Car si  «  l’ouïe ne percevait que des bruits fragmentés et discontinus, aucun de ceux-ci ne pouvait s’opposer véritablement à la voix du clocher » (3).

 Pourtant, la population «  aime être sporadiquement assourdie. Le charivari, le brusque tintamarre, … sont d’autant mieux appréciés qu’ils viennent rompre un habituel silence. »  En réalité, seuls le bruit du canon ou le fracas de la foudre peuvent concurrencer l’impérialisme sonore des cloches ! Et particulièrement lorsqu’elles sonnent à la volée !

Longtemps, les clochers firent la fierté des villes et des villages aussi bien par le nombre des cloches et la qualité de leur timbre que par la compétence des sonneurs. D’ailleurs, la population ne manquait jamais de montrer son attachement à ses cloches et à son clocher : ne parle-t-on pas encore de «  l’esprit de clocher  » ?  C’est pourquoi la passion emportait rapidement la population lors de toute tentative pour modifier un tant soit peu leur usage. Les archives de l’époque accumulent les pièces officielles sur les querelles et les affrontements aux quatre coins du royaume à propos des cloches et de leur utilisation. Ne parlons pas des émeutes et obstructions de toutes sortes lorsque nos révolutionnaires voulurent imposer leur enlèvement pour les fondre ou tout simplement pour les faire taire !

°    °    °

               Mais revenons à nos habitants de Saint Médard et de Vidalot. Ils possédaient dans leurs clochers le moyen de communication « de masse » de leur époque.  En effet, « à la cloche d’annoncer les événements concernant la communauté, qu’ils soient civils ou religieux. »  (4)  …

Mais tout de suite surgit un problème : pour comprendre ces annonces, il fallait connaître le langage des cloches et les codes locaux de leur emploi. Le plus souvent, tout cela variait d’une région à l’autre, d’un fief à l’autre quand ce n’était pas d’une paroisse à l’autre;  rien n’était uniforme, « normalisé »  dirait-on aujourd’hui. Et pourtant bien des règlements furent promulgués dans ce sens au cours des siècles : règlements épiscopaux sous l’Ancien Régime, municipaux et départementaux lorsque les sonneries devinrent autant civiles que religieuses. Mais en vain : les usages locaux finissaient toujours par prendre le dessus. Ainsi, de nombreux clochers « parlaient »souvent  un langage incompréhensible à ceux qui n’étaient pas de la région.

Alors que disait  « la voix du clocher  » à l’époque de Jacques Simard ou d’Antoine Tissanié, et aux autres habitants de Saint-Médard et de Vidalot ?  Si les sonneries étaient le plus souvent consacrées à  rythmer la vie religieuse du village, on pouvait entendre aussi quelques sonneries « utilitaires » selon le bon vouloir de l’autorité ecclésiastique.  » Jusqu’à une époque assez récente, l’Homme ne connaissait d’autre moyen de communication de masse que la cloche … du fait de la portée de sa voix » (4)

  • Tout d’abord les cloches rythmaient le quotidien des habitants selon le cycle solaire  en indiquant les moments importants de la journée. En l’absence d’horloge, la grosse cloche tintait donc les « points du jour » aux premières et dernières lueurs de la journée mais aussi à la méridienne du soleil. Cela correspondait souvent au début et à la fin de la journée de travail, en particulier à la période des travaux des champs. Elles ne devaient pas être confondues avec les sonneries des angélus qui correspondaient à un temps de prière et qui pouvaient aussi servir de repères dans la vie quotidienne des habitants (avertir du couvre-feu, par exemple).                                                                                                                         
  •  Outre l’appel aux offices religieux, la cloche était aussi utilisée pour l’annonce des « rites de passage » (baptême, mariage, funérailles) concernant un membre de la communauté. C’étaient les ancêtres du faire-part d’aujourd’hui, du carnet mondain de notre journal, de la rubrique nécrologique . Des sonneries, comme celles de l’agonie ou celle du trépas étaient souvent différenciées pour permettre l’identification de la personne concernée : homme ou femme, nouveau-né ou vieillard, son rang social …. A leur écoute, « on sent palpiter les ambitions, suinter la soif de reconnaissance, pointer le souci du capital d’honneur, individuel et familial » (5). Alors l‘art du sonneur fier de son savoir-faire s’exprimait par les volées sonores ou le tintement répété de ses cloches. Car c’était à lui de traduire les sentiments de liesse ou de tristesse de certainss paroissiens  et de les faire partager à toute la communauté.                                                                                                
  •  Enfin la cloche avait le devoir incontesté de mettre en garde ou d’alarmer la population de toutes les situations de danger. Si elle devait signaler l’hypothétique irruption ennemie elle servait surtout à prévenir de toutes les menaces pour la survie des habitants : le feu, l’inondation. les calamités ou les catastrophes naturelles. Ainsi, ce fut le cas jusqu’au XIX° siècle des orages et des gelées que la croyance populaire affirmait être détournés par la sonnerie des cloches. Ce fut sans aucun doute le cas lors des fréquentes crues de la Garonne. Le plus souvent, le sonneur utilisait alors la petite cloche car l’alarme devait être précipitée et discontinue : « elle engage à l’empressement, elle jette l’inquiétude… elle fait battre le coeur » (3).  Ainsi, l’appel était vite répercuté entre clochers pour appeler à l’entraide entre individus et communautés villageoises.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   °    °    °                                                                                                                                                                                                                                                     Dans les années précédant la Révolution, ce rôle utilitaire des cloches s’était généralisé (6) créant encore plus de querelles au sein de la population :  celles survenant  entre le sonneur de la mairie et celui de la paroisse pour le partage du clocher n’étaient pas les moins épiques !  Il fallut attendre le courant du XX° siècle pour que d’autres moyens remplacent les sonneries des cloches dans leur rôle de moyen de diffusion générale . Les sirènes et l’électrification des clochers eurent raison des sonneurs et aujourd’hui nous ne prêtons qu’une oreille distraite à un langage de moins et moins audible et très souvent déshumanisé . . . quand il n’est pas interdit dans l’espace sonore.                                                                                                                                                                            Je ne terminerai pas sans vous signaler  » le cas exemplaire de Mirwart, où les cloches sont encore sonnées quotidiennement à la main par une dame âgée de 84 ans !  En l’absence d’un appareil à copter les cloches, elle tire la corde de façon à ce que le battant de la grosse cloche rebondisse un coup sur la cloche, récite le premier verset de la prière, tire à nouveau la corde pour le deuxième coup, récite le 2e verset, et ainsi de suite pour accomplir les trois fois trois coups. Juste après le dernier coup de la série, elle récite un « Ave Maria » puis actionne la volée, toujours à la grosse cloche « . (7)                                                                                                                                          

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NOTES.

1) – les trois paroisses de Puymasson, Saint-Médard et Clermont-Dessous formèrent en 1790 l’actuelle commune de Clermont-Dessous, dans le Lot-et-Garonne, à quelques kilomètres de Port-Sainte-Marie.                                                                                                                                                                                                                                                                  2) – Vous avez remarqué que sur le clocheton de l’église de Mazères, il n’y a la place que pour une seule cloche. Il n’y avait donc nul besoin d’un spécialiste de l’art campanaire pour activer le clocher. Un paroissien désigné à cet effet y suffisait . Car dans certains villages où il n’existait pas de confrérie, chaque famille désignait annuellement un de ses membres mis à contribution à l’occasion des cérémonies religieuses ordinaires ou exceptionnelles, jusqu’aux cérémonies considérées aujourd’hui comme relevant de la sphère privée : les baptêmes, les mariages, et surtout les obsèques. La sonnerie de la cloche était alors à la charge d’un « sonneur » désigné pour l’occasion  mais sans garantie sur  la qualité de la sonnerie. Mais pourvu que l’instrument soit préservé …                                                                                                                                                                                                                             3 ) – Alain Corbin, op. cit., p. 165                                                                                                                                                                                                                                                                     4 ) – E. Sutter, op. cit., p. 3                                                                                                                                                                                                                                                                               5 )- nous avons vu précédemment que certaines cérémonies étaient l’occasion de sonneries  « d’orgueil »,  souvent mal jugées . Par contre, il existait aussi les sonneries « de dérision« , véritable humiliation sonore pour la famille et parfois réservées à ceux qui avaient quelque litige avec la paroisse ou le sonneur au sujet de sa rétribution ! Enfin, pour certains, rien n’était plus redoutable que «  le silence des cloches » imposé par le curé à ceux qui vivaient « dans le scandale » . Ils se voyaient refuser la cloche ou même toutes les cérémonies religieuses (les adeptes de la religion réformée, par exemple).                                                                                                                                                                                                                   6 ) – En 1773, certains  clochers avaient le privilège d’annoncer les réjouissances publiques, l’ouverture des foires, des marchés, la retraite pour les soldats… (extrait de « quelques notes inédites sur les cloches de Bernay » par E.Veuclin 1888.). En certains endroits, même l’arrivée du percepteur dans sa tournée était l’objet d’une sonnerie !                                                                                                                                                                                                        7 ) – Th. Boudart – op. cité

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    Sources bibliographiques :    

• AD 47 – Registre paroissial Clermont-Dessous -Saint-Médard 1695-1710 – vue 95 et suiv.

•  Eric Sutter : « Code et langage des sonneries de cloches en Occident » – nov 2006 – BNF/ Gallica – p. 3 à 17 –                                                                                                 http://campanologie.free.fr/pdf/Code_et_langage_des_cloches.pdf                                                                                                                                                                                                                                                                                            • Alain Corbin :  » les cloches de la Terre » – 1994 – Flammarion (coll. Champs).

• Thibaut  Boudart « les sonneries de cloches anciennes et modernes » – Gallica                            http://tchorski.morkitu.org/15/sonneries.pdf

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De nos ancêtres normands ….

Jusqu’à la révolution des transports à la fin du 19° siècle, nos aïeux vivaient « à l’ombre de leurs clochers » et ils étaient peu nombreux à s’en éloigner. Le plus souvent, les membres d’une même famille se répartissaient sur des aires géographiques restreintes au sein de leur région d’origine et il ne fallait donc pas faire de longues distances pour aller des uns aux autres, distances généralement comptées en heures de marche.  Ainsi nos ancêtres Popineau étaient du Berry et plus précisément de la Champagne berrichonne, les Tissanié et les Chaume étaient gascons du Pays d’Albret  et les Chabaud étaient des auvergnats du Cézallier. Nous pouvons presque dire que nous sommes originaires exclusivement de ces trois provinces. En outre, tous ces ancêtres avaient le point commun de travailler la terre à titres divers (petits propriétaires, journaliers, métayers…) mais avec plus ou moins de réussite.

Alors, quelle fut ma surprise quand  j’ai découvert parmi nos ancêtres de bons, de vrais « normands de Normandie » d’une branche collatérale ! En plus, ceux-là ne vivaient pas de l’agriculture mais faisaient partie de cette petite minorité de population qui pratiquait le commerce. Le commerce des « frocs »en ce qui les concerne. Cette activité s’accompagnait sûrement de certaines qualités personnelles qui leur valurent la reconnaissance de leurs contemporains. Pour cela, ils comptèrent au petit nombre des « notables » de leur ville normande d’origine, Bernay . Cet état leur donna ainsi la possibilité de pourvoir leur progéniture d’une « charge vénale » ou de leur assurer un mariage avantageux.

  *    *    *

La descendants de Joseph Popineau (1876-1950) comptent donc parmi leurs ancêtres le « Sieur Charles Cheval«  (1) originaire de Bernay dans le département de l’Eure. Il faut remonter une dizaine de générations (pour les plus jeunes d’entre nous) dans la branche ascendante de la famille pour rencontrer cet ancêtre  :

               Charles Cheval (ca 1672-1752)       &      Marie Bannier (ca 1668- 1748)
                                Louis  Cheval (ca 1708- 1761)      &       Marie-Anne De La Rue  (1718-    )
                                              Pierre  Cheval (1744-1813)    &        Antoinette Gaillard   (1755-   )
                                                            Anne Cheval (1776-1830)     &    Jean-louis Bonnet (1768-1850)
                                                                      Louise  Bonnet (1801-1870)       &    Jean-François Bardet (1795-1867)
                                                                             Thérèse Bardet (1840-1932)     &    Germain-V. Popineau (1841-1906)
                                                                                           Joseph Popineau (1876-1950)   &   Lucie Chabaud (1886-1968)

°    °   °

On sait peu de choses de Charles (Le) Cheval. Le dépouillement des registres paroissiaux ne nous fournit que son acte d’inhumation et certains actes concernant quatre de ses enfants. Si on n’a pas sa date de naissance, on sait qu’il avait épousé Marie Bannier qui vécut jusqu’à un âge avancé (80 ans environ sur son acte de décès en 1748). L’acte d’inhumation de Charles date du 6 octobre 1752 ; on y apprend qu’il  était commerçant (sans autre précision) et qu’il est décédé à son domicile de la « rue Grand Bourg » à Bernay à un âge tout aussi vénérable que celui de son épouse. On peut aussi remarquer qu’il jouissait d’une certaine considération sociale car il figure dans l’acte sous l’appellation de « Sieur » (3). Cela lui donna le privilège d’être enseveli à l’intérieur même de l’église Notre Dame de la Couture, sa paroisse,  « près de la chapelle Saint Sébastien » dit le document.

Archives de l'Eure - BMS 1741-1760 vue 259

L’acte d’inhumation de Charles (Le) Cheval est le deuxième sur la page de droite. (source AD 27)

J’ai retrouvé des traces de quatre enfants du couple. Il s’agit de trois filles et un garçon :

◊ Marie mariée en 1720 avec  Jacques Patalier                                                               ◊ Marguerite née vers 1706 et mariée en 1731 avec François Dubois                                ◊ Marie Cécile née en 1711                                                                                                       ◊  et celui qui succéda à son père comme marchand et notable assurant la pérennité de la branche : Louis André .                                                                                                                                                                                                                                                                                                         °    °     °

Louis André CHEVAL est né vers 1708 à Bernay où il est resté, semble-t-il, tout au long de son existence. On peut supposer qu’il fréquenta  l’unique collège de la ville et qu’il apprit son métier auprès de son père avant d’épouser en 1732 Marie Anne LE FRANCOIS (4). Il eut deux enfants : Charles Louis (1733) et Marie Rose (1735) avant le décès de son épouse Marie Anne âgée de vingt-cinq ans. Quelques années plus tard (vers 1740), Louis André épousa en secondes noces Marie Anne De La RUE (ou Delarue), issue d’une vieille famille bernayenne. Pourtant on ne retrouve pas trace de leur mariage à Bernay ce qui nous prive sûrement de quelques renseignements, en particulier sur l’activité du marié.  C’est donc sur l’acte de baptême de leur fils Charles en 1742 que l’on apprend que Louis André était « marchand de frocs« .

 » On désigne sous le nom de frocs une étoffe de laine croisée qui sert à l’habillement des classes inférieures. Leur fabrication est fort ancienne dans l’arrondissement. Les ouvriers sont disséminés dans les campagnes : ils achètent les laines à leur compte, les font filer dans les établissements voisins au lieu de les filer à la main comme autrefois et ensuite ils les tissent sur les métiers qu’ils possèdent  » (5).  Cette définition date de 1838, donc plusieurs décennies après la mort de Louis André. La fabrication des toiles avait peu évolué mais le commerçant connut les changements constants de  réglementation appliqués à leur fabrication et à leur commerce  : traitement des laines, taille des coupons, composition des tissus, lieux de vente … L’époque moderne n’a rien inventé dans ce domaine de la réglementation ! Mais ces règles contribuèrent beaucoup à améliorer la qualité des produits et à l’expansion de l’industrie textile locale qui ne disparut qu’à la fin du XXème siècle.

Au moment de son deuxième mariage, Louis André est âgé  d’une trentaine d’années et ses affaires sont prospères comme sa famille qui s’agrandit au point que sa seconde épouse lui donnera huit enfants :                                                                                                                        – Charles Pierre qui naquit en 1742 comme on a vu,                                                                     – Pierre Louis né le 22 août 1744 dont on détaillera l’existence un peu plus loin,                  – Marie Anne née en 1745 et qui épousera Louis Buccaille,                                                          – Jean Baptiste né en 1751,                                                                                                                     – Anne Julie née en 1752                                                                                                                           – Catherine Léonore née en février 1754,                                                                                           – Louis Charles né en juin 1755 fut marchand et épousa Marie Anne Courtois,                   – Jacques Louis dont on ignore la date de naissance mais qui apparaît plusieurs fois sur les actes de ses frères et soeurs. Lui aussi sera marchand.

En 1758, Louis André figure sur l’acte de baptême de sa petite-fille en qualité de « marchand, bourgeois et échevin » de la ville (6). A cette époque, ses fils aînés étaient en âge de l’aider dans son commerce et cela lui permettait de se consacrer à ses fonctions officielles dans l’administration de sa ville, de sa corporation ou de sa paroisse. Cette période fut de courte durée : Louis André est mort le 22 décembre 1761 à 53 ans au domicile familial de la rue Grand Bourg comme nous précise son acte d’inhumation. Comme son père, il fut enterré dans l’église de la Couture dont il assurait la fonction de marguillier (6).

source : Panoramio / Aubié

Bernay – Notre-Dame de la Couture. Plusieurs ancêtres de la famille Cheval furent inhumés dans la basilique au XVIII°s.

                                                                                                    °    °     °

Pour évoquer Pierre Louis Cheval, nous ne disposons comme pour ses aïeux que de rares éléments issus des registres paroissiaux ou d’état-civil.  A Bernay, où il est né en 1744 on peut consulter son acte de baptême et on ne dispose seulement de sa signature sur l’acte de mariage de sa soeur,  en 1767 . La suite nous montrera qu’entre ces deux dates il dût consacrer la majeure partie de ses années de jeunesse et d’adolescence à l’ étude, particulièrement à l’étude du Droit. On ne retrouve sa trace qu’une dizaine d’années plus tard, loin de la Normandie, le 13 février 1776. Ce jour-là, il épousa Antoinette Gaillard dans la petite ville du Donjon, dans le Bourbonnais, à plusieurs centaines de kilomètres de Bernay !

Son acte de mariage recèle sans doute l’explication de cet éloignement : Pierre Louis y figure comme « greffier des Basses Marches » (7). A cette époque , cette « charge » officielle était vénale et ouverte à la petite bourgeoisie. Elle fut vraisemblablement achetée par le titulaire (ou plus sûrement par son père qui voulait l’établir) comme toutes les charges du monde judiciaire de l’époque qui s’assuraient des revenus souvent confortables !

La période révolutionnaire modifia sensiblement la situation de Pierre Louis : les « charges vénales » furent supprimées et la justice réorganisée sur des principes nouveaux. Notre normand n’était visiblement pas hostile au nouveau régime à tel point qu’il assuma des fonctions officielles au sein de sa bourgade du Bourbonnais : son paraphe figure en tête des registres officiels d’état-civil qu’il valida en l’an I de la République en qualité « d’administrateur du directoire  » de la ville. Cinq ans plus tard, sur l’acte de mariage de sa fille Anne, il est désigné comme « propriétaire et commissaire du pouvoir exécutif ». Enfin sur son acte de décès du 18 mai 1813, il est « propriétaire et huissier de justice de paix » . Nous sommes alors à la fin du Ier Empire … Dernière remarque à son sujet : l’acte de décès est au nom de « Pierre Louis Cheval-Dépré ». Pourquoi cette modification de son nom ?

°    °    °

Anne CHEVAL, née en 1776 au Donjon, était la fille unique de Pierre Louis et d’Anne Gaillard. Elle fut élève du pensionnat du Sacré-Coeur de Moulins, et épousa en 1798 le nommé Jean-Louis Bonnet, un propriétaire et marchand relativement aisé de la petite ville du Donjon où elle mourut en 1830, âgée tout juste de 55 ans. Elle eut une fille prénommée Louise née en 1801 qui épousa Jean-François Bardet propriétaire et meunier à Saint Prix autre petite ville de l’Allier dont il fut la maire. Leur fille et petite-fille de Anne Cheval se  prénommait Thérèse et elle épousa en 1871 un fringant gendarme à cheval de la brigade de Jaligny (Allier)…. nommé Germain-Valentin Popineau !

Et voilà comment la famille Popineau  se retrouve avec des ancêtres de Normandie, région que je vous invite à parcourir et en particulier le coeur de la ville de Bernay, à deux pas du pays d’Ouche (profitez-en pour relire La Varende qui sut si bien décrire cette région) !

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    (1) – sur certains actes des registres paroissiaux, ils étaient dénommés Le Cheval.

    ( 2) – La rue Grand Bourg n’existe plus (au moins sous ce nom); il existe dans la vieille ville un court passage piétonnier du nom de « grand Bourg » bordé de quelques très vieilles maisons. Correspond-t-il à l’ancienne rue du même nom ? auquel cas on peut supposer que c’est dans une de ces maisons que vécurent Charles et sa famille.

     (3) – Le mot « Sieur » devant le nom était un titre honorifique donné à un bourgeois, marchand aisé ou rentier sans avoir spécialement une origine noble. « Sieur de … » signifiait que l’on était propriétaire d’un lieu. Après le 18° siècle, le terme est devenu une expression courante pour désigner: Monsieur… ».(source : Pierre Collenot – glossaire de termes anciens – GénéaFrance).

     (4) –  Sur le registre paroissial, les mariés sont gratifiés de « honnête homme »et de « honnête fille ». « Ces appellations s’appliquent à tout bourgeois ou notable, quelques fois au bailli d’une terre. Le terme était simplement un adjectif qui stipulait que la personne était de « bonne naissance, honorable, convenable, considérable »; l’expression ne concerne pas la noblesse et elle est seulement utilisée pour les marchands et artisans » . (source : Pierre Collenot – glossaire de termes anciens – GénéaFrance) .

    (5) -Extrait de Gallica : « Annuaire des cinq départements de Normandie ».  Association normande. 1838 – imp. Le Roy à Caen – page 248.

    (6) – Laïc membre du Conseil de Fabrique d’une église en charge de l’administration, du fonctionnement et  de l’entretien de la paroisse. Les marguilliers étaient normalement au nombre de trois et le mandat était de trois ans Tous les ans, après une messe carillonnée l’assemblée (masculine) des paroissiens procédait à l’élection du nouveau membre ».

    (7) – sous-région du Bourbonnais (à l’est du département de l’Allier) qui comprend les cantons du Donjon, de Jaligny-sur-Besbre et de Dompierre-sur-Besbre. Autrefois rattachée au duché de Bourgogne, elle fait partie aujourd’hui de la région Auvergne.

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k634094/f38.image.r=histoires%20de%20bernay

 

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Faits divers : quel mauvais exemple !

Arrestation. — Le 1er septembre, se présentait chez Mme Boucard, née Louise Jolly, 59 ans, aubergiste à la Mothe-Achard, une femme qui se fit servir un litre de vin et une bière. Après avoir bu, elle déclara ne pas avoir d’argent, que son mari qui devait venir la chercher, réglerait les dépenses faites. La gendarmerie prévenue demanda à l’inconnue son état-civil. Elle commença par donner une fausse identité. Reconnue par un habitant du bourg, elle déclara se nommer Prudence Durand, 27 ans, née à Saint-Julien-des-Landes, femme Popineau, demeurant à S…. Cette femme a été arrêtée pour filouterie d’aliments. Conduite au Parquet, le 2 courant, elle a été laissée en liberté. La femme Popineau est une alcoolique invétérée.


l’Etoile de la Vendée – septembre 1907

 

 

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